MANIFESTE POUR LA DÉFENSE DES PETITES ET MOYENNES ÉTUDES

Dans un mois et demi, la Chambre nationale des commissaires de Justice sera créée. Il s’agira de la première étape de transformation de notre profession. Ce changement majeur dans l’histoire de notre profession représentera, nous l’espérons, une opportunité que nous saurons saisir pour dynamiser et étendre notre activité. C’est aussi un virage que nous devons négocier avec intelligence pour que toutes les études, y compris les petites et les moyennes, puissent en bénéficier.

Pour obtenir ce résultat, il nous apparaît essentiel de donner des moyens d’expression et de représentation plus importants aux petites et moyennes études.

Le projet de stratégie de développement mis en œuvre par la Chambre nationale suit le bon chemin. Le développement économique et le soutien commercial de nos petites et moyennes études s’imposent indubitablement.

Nous proposons de compléter cette stratégie de développement, orchestrée par notre Ordre national, par une stratégie de défense des petites et moyennes études au niveau syndical.

Deux syndicats représentent notre profession.

Le nôtre, Huissiers de Justice de France, est celui qui représente les petites et moyennes études.

C’est donc légitimement à notre syndicat de proposer des solutions nouvelles qui préserveront le maillage territorial essentiel de petites et moyennes études de notre pays.

Nous pensons en effet qu’il est temps de s’affranchir de ce débat stérile qui opposerait les “grandes études modernes” à des prétendues “petites et moyennes études désuètes” incapables de s’inscrire dans la modernité et l’avenir économique de notre profession.

Nous allons donc, dans les mois et les années qui viennent, proposer, dans ce sens, de nouvelles actions, de nouvelles initiatives, au niveau syndical.

Nous le ferons sans opposition gratuite préjudiciable contre la Chambre nationale car notre profession, pour être forte face aux pouvoirs publics notamment, doit présenter un front uni, une expression solidaire, de son Ordre et de son Syndicat.

Nous serons, en revanche, les garants de la défense des petites et moyennes études. Nous ferons en sorte que les actions réalisées ne soient jamais au détriment des petites et moyennes études.

Notre Ordre, la Chambre nationale, pourra donc s’appuyer sur un partenaire efficace sous réserve qu’elle préserve les intérêts des petites et moyennes études.

Nous ne nous opposerons pas bien sûr médiatiquement à la Chambre nationale pour éviter que notre profession perde du poids et de la crédibilité vis-à-vis des pouvoirs publics en affichant des divisions.

En revanche, nous manifesterons fermement notre opposition en interne dans le cadre de toutes nos instances professionnelles et nous exprimerons clairement la désapprobation de nos adhérents si une action menaçait nos petites et moyennes études.

Afin que cette indépendance de notre syndicat et notre vigilance ne puisse pas être remise en question, nous nous engageons à ce que plus aucun membre du bureau de la Chambre nationale ne soit membre du bureau de notre syndicat.

Ce sont les principes de notre démarche et de notre proclamation. Mais notre manifeste ne se limite pas à une déclaration d’intention.

Il faut des actes pour concrétiser, dès maintenant, le périmètre de défense de nos petites et moyennes études.

Notre première action sera de nous rassembler à l’occasion du premier “Symposium de la territorialité” que nous organiserons au cours du premier trimestre de l’année 2019. Notre premier acte sera de placer, pour la première fois, les petites et moyennes études au coeur d’un évènement.

Nous voulons que ce symposium soit l’évènement fondateur de notre engagement.

Pourquoi un symposium ? Car nous voulons associer des experts à cette manifestation et ne pas la limiter aux échanges mais lui permettre de délivrer un diagnostic technique irréfutable. La pérennisation du maillage territorial ne pourra être solide que si elle s’appuie sur une légitimité objective et sur un cautionnement scientifique indiscutables.

En effet, la nécessité de ce maillage ne se décrète pas. Elle se démontre. Les convictions et les déclarations ne suffisent pas. Elle doit reposer sur un discours de preuves.

Lors de ce symposium, nous donnerons la parole, pour la première fois, aux petites et moyennes études. Nous allons les contacter, individuellement, nous allons vous contacter pour mieux comprendre vos aspirations et vos ambitions. Et nous construirons notre symposium en tenant compte de vos retours.

Notre deuxième action sera de rassembler au-delà de nos frontières et de contribuer à apporter aux petites et moyennes études de nouveaux alliés.

L’expression solidaire, nous l’avons souligné, entre l’Ordre et le syndicat, s’impose dans l’intérêt de notre profession.

Tout comme l’expression solidaire entre toutes les petites et moyennes structures des différentes professions, qui seront en mesure, demain, de proposer une offre complémentaire, s’impose également.

Il y va de la survie de nos petites et moyennes structures confrontées à la transformation digitale de notre économie et à l’émergence de nouvelles offres concurrentielles.

Notre défense des petites et moyennes études sera d’autant plus vigoureuse si elle dispose d’un périmètre de protection interprofessionnel.

Trop souvent, en effet, l’interprofessionnalité est présentée uniquement d’un point de vue “capitalistique”, pour illustrer la domination des structures plus fortes sur les autres. Nous pensons qu’une autre voie est possible et qu’elle peut représenter une opportunité significative de consolidation de nos petites et moyennes études.

Et cette voie nous emmènera bien au-delà de simples problématiques de marques qui représentent une vision et un artifice inadaptés pour notre profession.

Nous aurons donc deux premiers mots d’ordre pour défendre nos petites et moyennes études : TERRITORIALITE ET INTERPROFESSIONNALITE.

Nous mènerons le combat de l’interprofessionnalité au niveau syndical tandis que la Chambre nationale, nous l’espérons, le fera au niveau ordinal.

L’interprofessionnalité, tout comme la territorialité, à un autre niveau, seront à la fois l’arme et le bouclier de nos petites et moyennes études.

Nous vous proposons de vous associer à nous dans ce nouvel élan syndical, la veille des Journées de Paris,

le 12 décembre

à l’hôtel Le Westin

Nous pourrons échanger ensemble et entendre vos idées et vos attentes afin d’optimiser notre programme prévisionnel d’action pour la protection et la préservation des petites et moyennes études.

Représentants des petites et moyennes études, nous comptons sur vous !

Plus nous serons nombreux, plus nos prises de position et notre expression de défense seront légitimes et entendues.

Marie Christine Gette Penne

Présidente